Histoire
Le pays d'Evian au coeur du Chablais
Le Chablais est une ancienne province du Duché de Savoie ayant Thonon-les-Bains pour capitale historique. Cette région est actuellement divisée en trois territoires, le Chablais savoyard, le Chablais valaisan, le Chablais vaudois et dépend de deux pays: la France (département de la Haute-Savoie) et la Suisse (cantons du Valais et de Vaud).
Au commencement…
Il y a 22 000 ans, le Chablais était recouvert d’une langue de glace d’une épaisseur de 1000 mètres en moyenne. Entre 17 000 et 10 000 ans avant JC, le glacier se retire. Les territoires sont alors colonisés par des chasseurs nomades. Vers le 5ème millénaire avant JC, des villages se développent à l’initiative de pasteurs agriculteurs venus d’Italie. Le Chablais devient un axe de communication.
Au XIème siècle
Le Chablais désignait tout le territoire s'étendant sur les deux rives du Rhône, entre Évian et Vevey et appelé « sommet» ou « tête du Lac ». Il avait pour capitale Saint-Maurice d'Agaune et regroupait 30 communes. Au XIe siècle, il devient une possession de la Maison de Savoie. Amédée III incorporera à ce territoire dit du «Vieux Chablais» la région de Thonon à Douvaine. Par opposition, cette dernière prendra le nom de « Nouveau Chablais ». Les princes de la Maison de Savoie séjournaient sur les lieux réclamant leur présence, notamment au Château de Chillon, dans le pays de Vaud, et au Château de Ripaille, près de Thonon.
En 1536, l'invasion bernoise
Berne déclare la guerre au duc de Savoie; les troupes conduites par Naégali traversent le pays de Vaud sans rencontrer beaucoup de résistance. Naégali occupe tout le nouveau Chablais jusqu'à Thonon en passant par Genève où il est accueilli en libérateur. Les communes de Saint-Gingolph, Évian, les communautés de la vallée d'Abondance, de Vacheresse et de Bonnevaux, puis celles de Saint-Jean-d'Aulps et du Biot adhèrent très rapidement aux nouvelles autorités. En 1553, Emmanuel-Phillibert de Savoie souhaite reprendre les États perdus par son père. Il réclame le patrimoine de ses ancêtres en région lémanique. Mais ses anciens sujets du canton de Vaud ne désirent plus redevenir Savoyards ni catholiques.
En 1564, un compromis est trouvé, et le 30 octobre 1564, le traité de Lausanne est signé. Berne restitue avec le pays de Gex et Gaillard, le Chablais occidental (ou bailliage de Thonon) mais garde les possessions vaudoises. Un traité, ratifié à Sion le 23 mars 1569 et à Chambéry, le 4 avril, fixe définitivement la frontière des deux États à la Morge de Saint-Gingolph. Le Valais restitue au duc de Savoie les gouvernements d'Évian et de Saint-Jean d'Aulps, mais garde celui de Monthey.
Evian et l'essor du thermalisme
Située sur le trajet de pèlerinages en direction de l'abbaye de Saint-Maurice d'Agaune, Évian fut tout d'abord une halte, notamment grâce à son port. Elle fut notamment une des résidences des ducs de Savoie. La ville va se développer entre le XIe et le XIVe siècle avant de rentrer en sommeil et de connaître un nouvel âge d'or aux XIXème et XXèlme siècles, grâce au développement du thermalisme.
La découverte de l'eau minérale d'Evian remonte à 1790 quand, au cours d'une promenade, un gentilhomme auvergnat, le comte de Laizer, se désaltère à l'eau de la fontaine Sainte Catherine sur la propriété d'un dénommé Monsieur Cachat. Trouvant cette eau bienfaisante, « légère et bien passante », cet homme, souffrant de maux de reins et du foie, en boit régulièrement au cours de ses promenades et constate une amélioration sensible de sa santé. Il vante alors les mérites de cette eau « miraculeuse » et des médecins commencent à en prescrire la consommation.
Le succès est si rapide que Monsieur Cachat enclot sa source et se met à vendre l'eau. Les premiers « Bains d'Evian » apparaissent en 1824. La première société des eaux minérales est créée en 1829, c'est le début de l'expansion de la station avec la construction de thermes, du Casino, d'hôtels de luxe, du funiculaire, du théâtre. Cet essor se poursuivra jusqu'à la seconde guerre mondiale, période pendant laquelle le thermalisme se démodera peu à peu.
Seconde moitié du XXème siècle à nos jours
Dans les années 1960, Evian devient la "Belle endormie". Malgré le succès économique de la Société anonyme des eaux minérales d'Evian, dont la production ne cesse de croître, la station thermale perd son dynamisme et la fréquentation diminue. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, le thermalisme français s'enfonce dans un "temps de difficultés", malgré la prise en charge des cures par la Sécurité sociale, créée en 1945. La France doit affronter la décolonisation.
Le pays d'Evian perd une clientèle exotique et fortunée d'expatriés qui venaient se requinquer au bord du Léman.
Dans ce contexte, Camille Blanc, le maire d'Evian, qui veut inscrire sa ville dans l'Histoire, accepte d'accueillir la conférence qui doit mettre un terme à la guerre d'Algérie. Il mourra le 31 mars 1961 dans un attentat perpétré par l'Organisation armée secrète (OAS), les jusqu'au-boutistes de l'Algérie Française, qui visait à saboter les négociations pour la paix en Algérie. Aprés an an de rebondissements et de négociations, les accords d'Evian sont signés le 18 mars 1962, mettant fin à huit années de guerre. Le gouvernement français cède au GPRA (gouvernement provisoire de la république algérienne) ses pouvoirs sur l'Algérie et le Sahara. Les accords sont signés par le ministre Louis Joxe d'un côté, le vice-président du GPRA Krim Belkacem de l'autre...
Photo: Les représentants du FLN algérien (Front de Libération Nationale)
Quarante ans plus tard, en juin 2003, Evian est à nouveau sous les projecteurs en accueillant le sommet du G8.


